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Au PAV, l’industrie est-elle soluble dans le projet urbain ?

Depuis 2005 se développe dans le canton de Genève un projet de grande envergure qui doit transformer 230 hectares à vocation industrielle et artisanale en quatre quartiers mixtes qui accueilleront à terme 12 000 nouveaux logements et 6000 nouveaux emplois. Si l’État et les communes (Genève, Carouge et Lancy) affichent leur volonté de préserver ce tissu productif au sein du secteur Praille Acacias Vernets (PAV), c’est sous une forme renouvelée que les entreprises devront se restructurer, au sein du quartier ou d’autres zones industrielles du canton, elles aussi en cours de mutation.

Dossier Tracés 10/2019 par Stéphanie Sonnette

Les grands projets de développement urbain investissent traditionnellement des territoires délaissés, vidés de leurs usagers et de leurs bâtiments (friches industrielles ou militaires), des pages blanches sur lesquelles il est plus simple de tracer les contours de la ville de demain et de découper rationnellement des pièces urbaines, des lots, des rues.

Dans le canton de Genève, le projet Praille Acacias Vernets (PAV) a ceci de remarquable qu’il ambitionne de transformer sur plusieurs dizaines d’années non pas une friche, mais un quartier industrieux et actif de 20 000 travailleurs en un morceau de ville qui se veut mixte et durable, tout en affichant une forte volonté de « maintenir les entreprises du secteur secondaire sur le secteur » et de « prendre en compte l’existant » (brochure du projet, avril 2015). Point de table rase, donc ? Pourtant, la programmation à dominante résidentielle, la densité et la mixité souhaitées imposent de fait une mutation profonde du secteur, de son paysage, de son bâti, comme de sa vocation et de ses usages.

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